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L’identification de territoires paysagers sur le territoire du Parc Naturel des Deux Ourthes s’inspire d’un travail réalisé par la Conférence Permanente du Développement Territorial (CPDT) du Ministère de la Région Wallonne. La CPDT identifie 76 territoires paysagers en Wallonie qu’elle rassemble en 13 ensembles paysagers. Pour plus d'infos : cliquez-ici.
La délimitation du Parc Naturel touche trois ensembles paysagers :
• Ensemble du haut plateau de l’Ardenne du nord-est ;
• Ensemble de la dépression Fagne - Famenne et de sa bordure sud ;
• Ensemble du haut plateau de l’Ardenne centrale.
D’autre part, le Parc Naturel contient sept territoires paysagers identifiés par la CPDT :
Le territoire paysager herbager occupe une grande partie du périmètre du Parc, s’étendant en totalité sur la commune de Bertogne, la partie est des communes de Sainte-Ode et de Tenneville, la partie sud des communes de La Roche-en-Ardenne et de Houffalize et la quasi totalité de la commune de Gouvy. Il s’agit donc d’un type de paysage très identitaire au Parc, et de façon plus prononcée dans la frange sud.
Cette partie du haut plateau ardennais présente une surface faiblement vallonnée, entaillée par la vallée de l’Ourthe et offrant de grandes ouvertures visuelles panoramiques depuis les crêtes des collines. Les vallées attestent fréquemment d’un aspect boisé. De petites tailles, les surfaces forestières sont très morcelées et de formes disparates. Quant aux pâtures et herbages, ils abritent quelques arbres isolés accompagnés de haies discontinues, suggérant très localement une impression de paysage bocager.
Les masses sombres et orthogonales des pessières s’imposent au regard, car elles donnent du « volume » au paysage (effet de lisière) et contrastent avec le développement plus plan des pâtures, herbages et cultures. L’habitat est pour sa part groupé en villages et hameaux relativement lâches.
L’impact visuel de certains équipements est d’autant plus important que ce paysage est ouvert.

Gouvy : paysage du faciès oriental herbager du plateau ardennais : ouvertures visuelles, zones boisées et haies discontinues, relief faiblement vallonné et habitat lâche en sont les principales caractéristiques.
Entre Montleban et Cherain, le territoire de l’Ardenne herbagère se démarque par un maillage vert beaucoup plus développé donnant au paysage un caractère quasi bocager. Cette caractéristique procure au paysage un aspect « pittoresque » et témoigne d’une riche biodiversité (couloir écologique, refuge pour l’avifaune, ..).

Le sud-ouest du territoire herbager se démarque substantiellement de la partie nord-est par une topographie plus plane. De fait, cette partie, qui frôle le plateau de Bastogne, n’est pas incisée par le cours de l’Ourthe occidentale, alors que l’axe Houffalize/Gouvy est dominé par la vallée de l’Ourthe orientale. D’autre part, cette aire sud-ouest présente une couverture boisée peu importante et singulièrement plus faible que celle présente le long de l’axe Tavigny, Gouvy et Beho. La présence de culture y apparaît également plus fréquente que dans la partie nord-est de la zone.

Le plateau de l’Ardenne herbagère à hauteur de Flamierge non loin de Bastogne. Importance relative des cultures.
La vallée de l’Ourthe constitue une entaille fortement encaissée et méandreuse dans ce paysage du plateau ardennais. Les versants de la vallée sont forts pentus et boisés. Le paysage en fond de vallée se trouve fermé ou semi-ouvert, et le fort encaissement empêche souvent toutes ouvertures visuelles, créant une atmosphère « fraîche » et localement obscure sur les bords de la rivière. Selon l’encaissement et le caractère méandreux plus ou moins marqué de la rivière, cinq aires ont été identifiées :
La portion de l’Ourthe orientale partant du village de Ourthe jusqu’à Houffalize est faiblement méandreuse et présente un caractère semi ouvert. Par endroits, elle est fermée par des masses boisées d’épicéas et de feuillus. Le fond de vallée est relativement étroit, une caractéristique topographique qui explique la proportion plus faible de zones de loisirs par rapport au reste de la vallée. L’encaissement et le boisement des versants s’accentuent à mesure que l’on approche d’Houffalize.

Environs de Steinbach. La zone boisée marque le passage de l’Ourthe au travers du plateau ardennais.
L’encaissement du cours d’eau devient fortement prononcé avant la traversée d’Houffalize où l’Ourthe marque trois méandres aux courbures marquées. Houffalize se loge au creux du quatrième. Ces méandres annoncent ainsi une seconde aire qui présente un caractère méandreux plus marqué que le premier tronçon, les versants de la vallée étant également plus inclinés. Aucune percée visuelle lointaine n’est offerte et la vallée est pratiquement fermée. L’ambiance y est cloisonnée, « fraiche » et parfois obscure, au grand plaisir des kayakistes et randonneurs. L’inaccessibilité de la rivière, l’étroitesse du passage, l’abondance végétale et la faible présence d’équipements touristiques confèrent une impression de nature sauvage.

L’arrivée de l’Ourthe à Houffalize : une topographie marquée et un écoulement sinueux du cours d’eau.
Sur ce tronçon de l’Ourthe, la rivière garde un caractère méandreux au sein d’une vallée très ouverte, très large et qui présente par endroits de grandes étendues plates accueillant zones naturelles, prairies et même cultures. Aucune zone de loisirs n’est présente dans cette partie de la vallée.
L’Ourthe occidentale aux abords d’Amberloup
Il s’agit d’un des paysages les plus fameux du Parc et comptant parmi les plus remarquables de la Belgique. L’Ourthe, très encaissée et très méandreuse sur ce tronçon, incise profondément le plateau ardennais et offre un paysage semi-ouvert. Les versants présentent des barrières rocheuses abruptes recouvertes d’une végétation épaisse. Un village trouve refuge en fond de vallée : Maboge. Malgré le fort encaissement de l’Ourthe sur ce tronçon, le lit de la rivière offre de nombreuses zones de replats accueillants des zones de loisirs (campings essentiellement).

Vue depuis le belvédère : la vallée entaille profondément les plateaux herbagés du Parc.
La dernière portion de la vallée de l’Ourthe étudiée correspond à la limite ou la rivière perd son caractère méandreux (ouest de la Roche). Le paysage s’ouvre. Le cours de la rivière est pratiquement rectiligne et offre de larges étendues alluviales occupées de part et d’autre par des prairies et quelques alignements d’arbres. Les versants sont faiblement inclinés.

Les bords de l’Ourthe en arrivant sur La Roche
Le haut plateau de Saint Hubert, au relief peu accentué, accueille un massif forestier continu (bois de Journal, bois de Champlon, bois Aine Gertrude, Forêt de Freyr, Bois de Lambert Fays…) au sein duquel l’habitat est quasi absent. Le paysage présente un fort caractère fagnard. Mais, il présente aussi de nombreux massifs boisés, notamment de feuillus (hêtraies). Ces zones boisées sont parfois le fruit d’une gestion ancienne mise en œuvre par l’homme (c/f abbaye de Saint-Hubert). Ces zones de feuillus sont souvent aujourd’hui remarquables.

Vallée encaissée de la Wamme depuis le lieu-dit « La Surveillance » (nord-ouest de la barrière de Champlon). Lorsqu’on se situe en fond de vallée, exemple de paysage « fermé » aux vues cadenassées par les versants.
Autour du village de Mochamps, une vaste zone a conservé sa physionomie de paysage semi-ouvert et son caractère écologique de milieu fagnard. La politique de gestion actuelle (Projet européen Life) a tendance à inciter à l’ouverture du paysage et préconise l’arrachage de certaines pessières. Cette aire se caractérise aussi par son exceptionnelle boulaie. Ces milieux de tourbières et de landes comptent parmi les paysages les plus remarquables et identitaires du Parc.

Réserve naturelle du Rouge Poncé. Boulaie protégée, véritable paysage relique, et témoignant aujourd’hui d’une politique de conservation.
Ce territoire paysager concerne les alentours des villages de Halleux et de Cielle situés au nord ouest du Parc. Il est caractérisé par une prédominance des zones cultivées agricoles. Le paysage est ouvert et présente une topographie très contrastée marquée par des vallonnements aux versants raides. Les sommets des vallonnements offrent des panoramas étendus tant en direction de la Famenne qu’en direction des plateaux ardennais. Il faut ci et là noter des vues exceptionnelles surplombant la vallée de l’Ourthe en aval de La Roche.

Halleux. Les zones de cultures occupent une place prédominante dans ce paysage
Cette couronne forestière est essentiellement constituée d’un versant descendant depuis le haut plateau des Tailles vers le plateau centre-ardennais au sud et vers la bordure famenno-ardennaise à l’ouest. Ces versants sont presque entièrement boisés et pratiquement inhabités.

Les versants descendants du haut plateau des Tailles sont recouverts de masses boisées sombres, souvent des pessières
Le haut plateau des Tailles, pratiquement inhabité, présente un paysage particulier. Il se caractérise par un relief assez plat formant un vaste plateau sommital bombé peu entaillé par les cours d’eau. Seule la coupure de l’autoroute A26-E25 occasionne une malheureuse incise dans le paysage. Ce dernier, moins boisé que celui du territoire de la couronne forestière du plateau des Tailles, se démarque par des clairières, des zones de pâtures et d’herbages, mais aussi par l’absence quasi-totale de toute culture.

Vue depuis la fagne de Chabrehez sur les herbages du village du même nom (nord-nord-est de La Roche)
Le sommet des Tailles se démarque du restant du plateau par la présence de paysages « reliques » de type fagnards. Soumises à un climat froid et humide, Les Tailles sont composées d’une végétation particulière (tourbière) qui leur confère une forte identité. Les zones semi-ouvertes sont ponctuellement boisées par quelques formations de saulaies-boulaies. La tendance générale est à la réduction des pessières pour augmenter la superficie des zones fagnardes. Il s’agit de paysages bien protégés par la loi (statut de réserve naturelle).

Grand Passage. Paysage de Fagnes : au premier plan une surface de lande dénudée, quelques épicéas isolés au deuxième plan et des massifs sombres d’épicéa en arrière plan
Une dernière zone est à identifier sur le Parc, il s’agit de l’espace occupé par la nationale N4 reliant Namur à Arlon. Cette zone offre un paysage lié à une logique automobile qui la démarque entièrement du reste de son environnement. Les équipements liés à la voirie elle-même (panneaux, ilots directionnels, luminaires, rampes d’accès…) participent à l’ensemble de cette entité.

La nationale N4 aux environs de Tenneville.
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