| Principaux résultats du diagnostic paysager
L’analyse descriptive a mené à l’identification de six territoires paysagers, apportant une vision synthétique de la complexité du paysage du Parc. Ce travail d’identification et de description du paysage, fruit d’un important travail de terrain, s’est construit sur base d’une grille de lecture mise au point par le bureau d’étude (COOPARCH-R.U.), et passant en revue les caractéristiques fondamentales des paysages : caractéristiques perceptives, géomorphologiques, écologiques, urbanistiques et architecturales, patrimoniales, socio-économiques,…

Différentes affectations au sol - PNDO.
Certains de ces territoires présentent néanmoins des variations notables, invitant dès lors à une subdivision. Ainsi, il est apparu que la vallée de l’Ourthe, au-delà de sa cohérence globale, offre à l’observateur attentif des caractéristiques paysagères différentes selon l’endroit où il se trouve. Ce territoire a donc été subdivisé en cinq aires paysagères selon le caractère plus ou moins encaissé et sinueux de la vallée. Dans le même esprit, le territoire herbager, couvrant la majorité du Parc, se voit accueillir deux aires que sont : l‘aire au caractère de plateau affirmé s’étendant sur les moitiés sud des communes de Bertogne et Sainte-Ode et l’aire au caractère bocager qui se manifeste autour de Montleban (Gouvy). Enfin, les fagnes de Saint-Hubert et des Tailles constituent elles aussi chacune une aire paysagère.
L’analyse évolutive a permis de comprendre les changements fondamentaux du paysage du Parc, et cela depuis la fin du 18ème siècle, au travers d’une analyse de documents cartographiques tels que les cartes du Comte de Ferraris (fin 18ème siècle), les cartes de Vander Maelen (début du 19ème siècle) ou encore les cartes de l’Institut Cartographique Militaire (début 20ème). Ce travail s’est fait avec la conviction que c’est à la lumière des évolutions que l’on perçoit le mieux les changements auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui. Il ressort de cette partie du travail que le paysage du Parc a relativement peu changé jusqu’à la moitié du 20ème siècle, restant une région relativement isolée du reste du pays.
C’est à partir des années soixante que prennent place les changements les plus fondamentaux, avec notamment l’apparition du tourisme de masse, engendrant la mise en place de campings et de villages de vacance localisés essentiellement dans les fonds de vallées, et plus particulièrement dans la vallée de l’Ourthe. D’autres types d’activités ont bien sûr également façonné le paysage, tel l’apparition de nouvelles habitations en bordures des noyaux villageois, l’implantation de zoning d’activité économique aux entrées de certains villages…

Le village d’Ortho, étudié au travers de cartes anciennes, pris comme exemple pour illustrer l’évolution des villages de tête de vallées. On retiendra l’importance de la couverture boisée à partir de la moitié du 19ème siècle (dès la deuxième carte).
L’analyse évaluative, troisième et dernière partie du diagnostic, tente d’apporter un jugement critique de l’état des lieux du paysage afin d’identifier les problématiques récurrentes et spécifiques à chacune des aires identifiées. Il est ainsi apparu qu’il existe à l’heure actuelle de nombreuses opportunités foncières, autour des villages mais également au sein des principales agglomérations. Parallèlement, de nombreuses zones de loisirs ne sont pas encore mises en œuvre aujourd’hui. Dans ces deux cas, il importe de souligner l’absolue nécessité d’un encadrement des futures interventions, devant mener à une inscription paysagère adéquate des éventuelles nouvelles constructions, dans un esprit d’équilibre entre besoins sociaux, économie et environnement.
Dans un deuxième temps, une évaluation de la valeur des paysages à été élaborée, mettant en avant les points forts et les points faibles des paysages du Parc. Il est apparut que le Parc Naturel des Deux Ourthes offre, de manière générale, un paysage d’une qualité exceptionnelle et que seules quelques portions réduites du territoire posent de réels problèmes.

Cas concrets : village de Tenneville (à gauche) avec ses nombreuses opportunités foncières et la zone de loisirs du
Lac de Chérapont (à droite) dont l'extension est suceptible de montrer des phénomènes de covisibilité
|